Thérapie Manuelle

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image de Beatrice Giannitelli, prise au Myanmar en 2015 lorsque je traitais une personne locale souffrant de douleurs à la main.

On m’interroge souvent sur mon approche en thérapie manuelle, complémentaire de mes activités sur le mouvement/méditation. C’est toujours dur à verbaliser, car souvent les thérapeutes utilisent les mêmes mots mais on perçoit des différences importantes en passant entre leurs mains. Pour ma part, je touche des personnes depuis que je suis tout petit, et j’ai eu l’occasion de tester nombres d’approches en tant que patient, et depuis mon accident, mes recherches et rencontres ont été importantes sur le sujet. Je vous propose un petit texte introductif :

Un thérapeute est un accompagnateur de toute personne dans une démarche d’évolution personnelle, et ce, quel que soit son état initial. Le thérapeute se posera la question de l’information qu’il est nécessaire de transmettre à son patient/client, et quelle est la meilleure méthode pour y parvenir, afin qu’il en résulte un apprentissage, une meilleure compréhension de soi (et ce, même au niveau inconscient). Un apprentissage se réfère au processus par lequel l’expérience modifie l’organisation de la structure de la personne, et par voie de conséquence notre comportement. On appellera ces changements : mémoire (ou mémoire traumatique le cas échéant), que ce soit au niveau neurologique, tissulaire, immunitaire ou comportemental. Les mémoires traumatiques peuvent être ancrées et empilées dans le corps et dans la représentation spatiale d’un individu, et présenter un phénomène d’hystérésis face à des informations amenant à un nouveau schéma corporel. Le thérapeute manuel utilisera spécifiquement ses mains comme vecteur de transfert de l’information. Dans cette approche, considérant que tout organisme cherche à maintenir son homéostasie, et là où malgré tout il résulterait une situation vécue négativement par l’organisme, le thérapeute ne cherchera pas à imposer un « meilleur état d’équilibre », mais cherchera à libérer les « tensions », les mémoires traumatiques et leurs projections dans la matrice cellulaire et extracellulaire, afin que l’organisme trouve lui même son état d’équilibre neutre qui lui est propre. L’étude du développement embryologique et ontogénétique d’un individu est une porte d’entré à la compréhension de certaines connexions souvent appelées projections, au sein de l’organisme. Les mécanismes de tension peuvent se traduire par une réduction de la capacité de circulation du sang dans les structures sous jacentes, et donc de l’oxygénation et la nutrition cellulaire, ainsi que de l’élimination des déchets, et jouer sur les réponses inflammatoires. Si les mécanismes neurobiologiques sous-jacents sont à déterminer, les échanges entre la douleur et les représentations spatiales du corps sont bidirectionnels. On peut accéder au système nerveux via les terminaisons nerveuses proprioceptives contenues dans les tissus conjonctifs, qui induira une modification du tonus musculaire. Pour ce faire, aucune manipulation n’est nécessaire autre qu’un toucher adéquat et spécifique selon des zones, le long des projections des parties lésées de l’organisme. Métaphoriquement, on peut considérer qu’une partie stressée, se comporte comme un petit trou noir autour duquel notre matrice cellulaire va se déformer. On considère dans cette approche le corps-esprit comme un ensemble en boucle de rétroaction permanente.
En pratique, quelques photos d’amis avant/après toucher :
entorse traitée en 20 minutes, noter la réduction de la contusion au niveau de la cheville
entorsehernie discale et douleurs au bassin, après une longue séance, noter la position du bassin et l’ouverture de la cage thoracique :
doubleherniediscale