Intellectualisation

Si il est important de démystifier les pratiques corporelles, et de fournir des bases solides afin d’assurer une pérennité à la transmission des connaissances et pratiques, il est tout aussi important que la pratique corporelle demeure une pratique corporelle.

Si on peut lire sur un sujet donné, car nous cherchons dans notre culture occidentale à comprendre, c’est pour éviter d’aller dans des impasses, de reproduire des erreurs, de mésinterpréter des expériences ou de chercher des clefs de compréhension. Il faut prendre certaines informations comme des métaphores qui doivent aider à l’intégration. Il ne faut en aucun cas essayer de ressentir l’expérience d’autrui. L’expérience est personnelle, si l’on s’enferme dans des constructions mentales, l’on se mentira à soi même sans même s’en rendre compte.

On se sait pas dans sa tête, mais dans son corps-esprit dans sa globalité. Une fois que certaines choses sont en place elles prennent sens naturellement. C’est la différence entre se dire que l’on ne doit pas s’angoisser car c’est absurde et quand même l’être, et ne pas être angoissé.

Pour finir je rappellerai un des fondamentaux de la sémantique générale, le langage n’est pas la réalité mais une perception, une carte verbale de la réalité. La structure même du langage induit inconsciemment et automatiquement notre évaluation du monde et de nous même. On dit qu’une carte n’est pas le territoire.

Dans le rôle du langage dans les processus perceptuels de Korzybski ,on peut lire cette blague en préambule qui permet d’appréhender de quoi il en retourne, de la réalité et de notre perception, et de ce qu’il en découle dans la vie de tous les jours :

L’histoire qui suit, extraite de la clandestinité européenne du temps d’Hitler, pourrait peut-être illustrer mon propos. Une grand-mère américaine et sa jeune et séduisante petite-fille étaient, avec un officier roumain et un officier nazi, les seuls occupants d’un compartiment dans un train. Le train traversait un tunnel sombre et la seule chose que l’on entendit fut le bruit d’un baiser sonore suivi d’une gifle vigoureuse. Lorsque le train déboucha du tunnel, personne ne souffla mot, mais la grand-mère se disait en elle-même: «J’ai quand même bien élevé ma petite-fille. Elle saura se débrouiller dans la vie. Je suis fière d’elle.» La petite-fille, quant à elle, se disait: «Allons, grand-mère est assez âgée pour ne pas s’offusquer d’un petit baiser. D’ailleurs ces garçons sont gentils. Tout de même, je ne lui savais pas la main si lourde.» L’officier nazi méditait: «Ces Roumains quand même, comme ils sont rusés. Ils volent un baiser et s’arrangent pour que ce soit le voisin qui reçoive la gifle.» L’officier roumain, lui, contenait mal son hilarité: «Comme je suis malin» pensait-il, «je me suis baisé la main et j’ai flanqué une gifle au nazi.»

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