cerveau (cérébral)

Il me semble important de commencer à mieux appréhender le cerveau, voire nos 3 cerveaux. Quand je parle des trois cerveaux j’entends les cerveaux : cérébral, viscéral, cardiaque.

Nous allons commencer par aborder et percevoir d’une manière différente à quoi sert notre cerveau via une contribution de Daniel Wolpert à TED très rafraichissante : le cerveau est apparu dans l’évolution non pas pour penser ou ressentir, mais pour gérer le mouvement

Concernant les fonctions de langage et de forme, je vous renvoie à l’article sur la synesthésie 

Autre contribution de « l’intérieure » intéressante pour nous aider à mieux cerner comment nous fonctionnons, je vous invite à regarder l’intervention de Jill Bolte Taylor qui nous raconte son expérience d’accident cérébral :

Sur le sujet passionnant du cerveau, je ne peux que vous inviter à lire la revue Books dossier thématique : Quand le cerveau défie la machine, qui revient sur le fameux test de Turing et les travaux de Ramachadran ou encore Damasio (qui a une approche intéressante, ne se limitant pas au cerveau mais incluant le tronc cérébral dans son étude, faisant bien le lien entre le cerveau et le reste du corps) confrontés à des philosophes (comme John Searle, the mystery of consciousness continues). L’introduction du dossier se nomme « la double illusion », la première consiste à croire que nous nous « approchons du moment où les machines seront devenues supérieures au humains », la deuxième consistant à croire que la neurobiologie va ouvrir les portes de la nature profonde de l’homme : conscience de soi, créativité, culture…

cela m’a fait pensé également à un article que j’avais lu il y a quelques temps sur Wired, sur comment notre cerveau disjonctait confronté à des androïdes :


Image UCSD

Confronté à un robot ou à un autre être humain, pas de réaction particulière du cerveau, par contre confronté à un androide le cerveau s’allume comme un arbre de noël :

quand il voit un androïde, le cortex pariétal – et spécifiquement les aires cérébrales qui connectent la partie de la vision qui traite les mouvements corporels avec la section du cortex motrice qui contient les neurones miroirs-  a des niveaux élevés d’activité

On semble retomber sur un phénomène de dissonance cognitive, le cerveau étant perturbé par l’apparence humaine mais les mouvements robotiques… la conclusion de l’assistante du professeur de sciences cognitive  qui rejoint également le côté prédictif du cerveau expliqué par Daniel Wolpert : Ce que le cerveau semble faire c’est attendre que ses prédictions se concrétisent, que l’aspect et le mouvement soit conformes

2 réflexions au sujet de « cerveau (cérébral) »

  1. Pour la double illusion, il se pourrait bien que celle-ci soit inversée 😉
    Si on ne fais pas des machines intelligentes, c’est avant tout parce q’une machine n’a pas la motivation fondamentale de tout être vivant, l’apprentissage comme les humains demande l’affect, le désir, l’envie qui découle, au plus profond de l’instinct de conservation de l’homéostasie. Après il y a d’autres paramètres bien sur comme le fonctionnement en réseau d’interdépendance émotionnelle, ce n’est pas pour autant indépassable.
    Pour la deuxième, concernant la neurobiologie, autant il y a des zones d’ombres (comme dans toutes les sciences) autant la créativité, la culture, etc… sont carrément biens comprises aujourd’hui alors bon… Je me dis que peut-être, l’illusion, c’est de vouloir à tout prix que l’esprit soit autre chose que matière et information, peut-être…

    J’ai lu la critique ici http://www.books.fr/sciences/le-mystre-du-cerveau-humain/ et si je suis d’accord avec le fait de tempérer les extrapolations et surtout les jugements de valeurs, le reste des travaux me semblent tout à fait pertinents et le critique me semble surtout sans arguments sur cette partie là. Notamment son objection sur la liberté de la volonté qui est juste une posture. L’approche philosophique de la libre volonté et du déterminisme est, si on peut me passer l’expression, de la masturbation intellectuelle. Dans les faits il n’y a rien qui démontre la croyance dans le libre arbitre, qui est basé sur « ce qu’on ne sait pas ». A partir du moment ou la science a commencé à comprendre le fonctionnement du cerveau, cette question philosophique a perdu tout intérêt, à mon sens.

    • Merci de ton long commentaire riche et intéressant, et pour le lien sur Books !!

      Tu soulèves un point qui a fait coulé beaucoup d’encre en science fiction, sur notre relation à l’humanité en nous penchant vers des êtres cybernétiques (je pense en particulier à K Dick)
      Cerveau&Psycho avait fait un très bon article sur l’intelligence, parlant des différentes formes d’intelligence (car nous avons tendance à limiter au QI et test de Turing), quant au cerveau on a longtemps assimilé mémoire et esprit, ce qui est désormais révolu (d’ailleurs c’est entre autre le lien dont nous discutions http://www.youtube.com/watch?v=hWoaSSIc-Ro, et les travaux des russes sur la modification de l’ADN non codant, porte ouverte sur la mémoire transgénérationnelle…). Sur l’homéostasie, elle est encrée profondément en nous, c’est nos interactions qui font que nous sommes vivants, avec la lumière du soleil, avec notre flore intestinale, avec le champ tellurique terrestre qui a un impact sur certaines de nos glandes, ce que nous mangeons, nos relations avec autrui…
      Sur le libre arbitre, Milton en débattait déjà dans son Paradise Lost…
      Cela méritera que l’on revienne sur le sujet via le biais d’une des publications de cet été, sur la biologie de la conscience, malheureusement cela demandera un long travail de traduction mais j’ai cela en tête pour un prochain article.

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