Biais cognitifs (3/3)

risk_1746388cAinsi, l’évolution sociétale a été extrêmement rapide pour nous en tant qu’espèce, et les stimulations modernes liées entre autre aux nouvelles technologies, peuvent nous amener à faire une mauvaise évaluation du monde dans lequel nous vivons. Les médias modernes amènent à des problèmes de sur ou sous représentation de certaines idées, à des visions superficielles ou issues de lobbying. La culture de la peur est une boucle de rétroaction : plus d’informations amènent plus de peur, plus de peur demande plus d’informations. Pire, nous notre part de cerveau de l’âge de pierre traite toutes les informations sur même plan : journal, publicité, film, information d’un réseau social… A cela nous allons chercher des informations qui confortent nos croyances ou sont identiques à notre groupe culturel référent, puis ce sentiment sera polarisé et amplifié. Si on nous présente une image cela va court-circuiter nos processus cognitifs et on va directement passer à la case de l’exemple. Notre évaluation des choses bonnes ou mauvaises va induire notre sentiment sur leur dangerosité. Les réflexions que nous mènerons auront probablement une part de rationalisation d’un sentiment inconscient. En théorie, les nouvelles technologies de l’information permettent tout un chacun d’être un libre penseur. Le fait est, qu’en dehors du temps que cela représente de se renseigner par soi même, cela demande à la personne qui le fait d’avoir les capacités à comprendre et à être critique sur des domaines aussi variés que l’histoire, la physique, la biologie, l’éthique, l’énergie… bref, l’expérience, les facultés d’analyse et la culture permettront de mieux appréhender les informations. Le cas échéant, un travail sur soi-même de remise en cause de ses croyances, qui sont profondément enracinées, sera nécessaire.

Nos intuitions ne sont pas à bannir non plus, parfois les avancées scientifiques se sont faites sur des intuitions, ou parfois des intuitions ont challengé des modes de pensée et ont permis de réévaluer une situation. Et parfois, les intuitions, sont démenties par les faits ou la pensée scientifique. La science demeure un univers de sceptiques. Corrélation intéressante : plus une personne a des aptitudes avec les chiffres et les mathématiques, moins elle est sensible aux biais… est-ce que développer des schémas de pensée spécifiques modifie notre mode de fonctionnement inconscient ou est-ce que nous corrigeons plus rationnellement nos « sentiments » ? (Ellen Peters, Decision Research).

C’est pour cela que je proposais d’utiliser le terme de pensée rationnelle construite, car raisonner est un processus qui s’apprend, et une grille de lecture pour mieux appréhender le monde et se confronter à ses propres sentiments, qui sont parfois irrationnels. J’incite tout adulte à avoir des bases de pensée scientifique (appréhender : axiome, fait, raisonnement, expérimentation, différente entre corrélation et causalité, principe de réfutabilité, statistiques et approches systémiques…), sémantique générale (perception et réalité), psychologie cognitive (biais de confirmation, conformité, primauté du système viscéral par rapport à la pensée rationnelle…. ), s’intéresser aux théories des médias (cf histoire parallèle, la fabrique à consentement), à multiplier ses sources ainsi que d’avoir des personnes avec qui pouvoir faire de la dialectique.

Cet article, hors conclusion s’appuie principalement sur les premiers chapitres du livre Risk de Dan Gardner.
Complété avec :

Laisser un commentaire