[TED] qu’est-ce qui fait une vie réussie ?

– les gens les plus heureux et qui vieillissent le mieux sont ceux qui ne sont pas seuls
– la qualité des relations prime sur le nombre
– cela a aussi un impact sur le cerveau au niveau de la préservation de la mémoire et, la capacité à supporter la douleur en vieillissant

Quelques mots pour débuter en 2016

Avec un peu de retard arrivent ces premiers mots 2016.

Comme je reçois beaucoup de questions, c’est le moment de faire le point.

La nouvelle formule de psoma en stage mensuel semble satisfaire tout le monde, nous continuons donc sur cette lancée avec 3 dates déjà :

affixhe stage2webJ’ai une vie assez prise, car j’ai une activité professionnelle à temps plein, et donc le plus simple est de me suivre soit sur la page facebook, soit en venant à mes stages.

Depuis quelques mois je travaille sur un livre sur le corps, et j’espère finir ce projet cette année. Je remercie toutes les personnes qui me supportent dans la réalisation de ce projet.

On m’interroge souvent sur mon approche du corps en thérapie manuelle. Je commence à m’interroger et à rencontrer divers entrepreneurs pour comprendre un peu les modèles d’entrepreneuriat que je pourrais envisager à terme (après la fin de la rédaction de mon ouvrage). Pour le moment Psoma étant réalisé dans le cadre d’une association loi 1901.

Beaucoup de questions sur la lecture du corps et les chaines tensionnelles/lésionnelles, je vous propose donc une nouvelle vidéo, visiblement ce format plait et sera donc un format que je continuerai de privilégier :

Merci à tous de votre fidélité et pour les échanges enrichissants.

Au plaisir de vous revoir en 2016

Fanfan

tranche de vie

Me retrouvant proche de Chatelet, ou j’avais diné dans une charmante petite brasserie avec une amie récemment, je décidais d’aller me poser pour savourer autant le repas que l’atmosphère agréable que j’avais en souvenir.
Au final j’ai passé une heure, à raconter puis à écouter la vie de ma voisine, né en 1926, qui se prénommera M pour le plaisir de l’histoire, car elle s’est penchée vers moi pour me chuchoter, normalement je ne donne pas mon vrai prénom, j’en invente un mais comme vous n’êtes pas un flirt, je peux vous le dire mais je ne l’aime pas.
M m’a raconté son mariage, à une époque qui n’était pas comme aujourd’hui, où les choses étaient plus simples sur ce qu’on attendait de la vie, où l’on flirtait mais n’allait pas beaucoup plus loin, on ne couchait pas avant de se marier, non par pression sociale mais par peur du fait même de coucher…
Elle arrêta de travailler, mais s’ennuyant, cela n’étant pas drôle la vie de femme au foyer, elle prit un boulot de vendeuse, et lorsqu’on lui proposa une promotion dans les bureaux, elle répondit non, elle préférait être au contact des gens, et puis il y avait toujours des histoires dans les bureaux.
Elle essaya également de la thérapie manuelle comme ce que je fais quand elle ne sut plus où se tourner, elle y croyait à cela.
Deux magnifiques filles, mais elle qui voulait tant un fils…. et puis son regret, pas de petit enfant…. mais ses filles étaient là pour elle aujourd’hui.
Aujourd’hui elle me dit, j’ai de la chance, je tiens de papa, je ne suis pas fatiguée, je sors tous les jours. Parfois je viens dans cette brasserie, c’est la seule, je m’y sens un peu chez moi, j’aime l’atmosphère, et puis c’est raisonnable. Vous savez, j’ai encore l’envie de vivre et d’en profiter, il y a tellement de choses à faire et à voir.
Puis en me prenant la main, elle me dit il n’est pas trop tard pour vous donner mes vœux, vous êtes une gentille personne, je vous souhaite de trouver une femme qui vous apporte beaucoup de bonheur, et intelligente comme vous l’êtes. Je n’ai pas de fille à vous présenter sinon je l’aurai fait. J’espère que l’on se reverra.

Que c’est agréable ces rencontres et échanges fortuit. J’aime échanger avec ces personnes pleines de vie, qui dégagent une forme de sagesse et de bienveillance. Et qui savent savourer la vie.

momentpresent(source image mymodernmet )

Noël & rites

Récemment j’ai vu beaucoup de passions à cause de la nature religieuse de nos fêtes… J’ai trouvé regrettable qu’on oublie la nature païenne, c’est à dire paysanne de toutes les fêtes. Une fête est l’expression d’une grande joie. Souvent les fêtes étaient liées à un calendrier lunaire ou solaire.

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. En fait, auparavant Noël était le jour de la naissance de Mithra, fête du solstice symbolisant le retour du Soleil invincible (et le début des fêtes renversant l’ordre établi, les Saturnales). D’ailleurs le jour de la naissance du Christ était considéré comme impie et non fêté avant qu’il soit décidé la substitution avec l’autre culte.

Le solstice signifie étymologiquement la pause du soleil. Des peurs anciennes sont ancrées en nous, peur de la nuit, peur que la vie ne reprenne pas, peur de la mort intrinsèquement.

Rappelons également que nous disposons d’horloge biologique circadienne et circalunaire.

Si l’on peut comprendre le sens homéopathique de l’abondance au cœur de la nuit, on peut s’interroger de l’évolution moderne de Noel (sans même s’interroger de la fusion récente d’une fête des enfants), en effet, quel sens symbolique peut représenter un cadeau (voire une « obligation » d’en faire ou recevoir) à une époque où l’abondance est de mise et où l’on a pas à se serrer la ceinture toute l’année pour s’offrir une orange de Noël qu’on n’aurait même pas oser manger ?

Il serait intéressant de se reposer les sens profonds de nos rites. La peur de la nuit  a-t-elle disparu parce que nous pouvons éclairer nos nuits désormais, et ne plus voir nos ombres projetées par le feu dans la caverne ? La peur de la vieillesse et de la mort a-t-elle disparu car nous l’occultons collectivement dans notre société et nos divertissements ? Il manque la tête d’un mort présente dans les fêtes romaines pour nous rappeler une vérité fondamentale.

Concernant les rites, je pense qu’ils peuvent nous accompagner parfois dans notre vie. Par exemple je vois mes cours de psoma comme un rite, je consacre du temps toutes les semaines, et je sais que je serai en communion avec d’autres personnes dans une atmosphère positive. Même la méditation est plus bénéfique, car durant ce moment nous vibrons en harmonie. J’ai d’autres rites dans ma vie, mâcher 27 fois avant d’avaler quand je mange un sandwich par exemple. J’essaye de savourer le moment que je passe. Le scientific american a publié un article cette année : « pourquoi les rituels marchent » (et même auprès des personnes qui n’y croient pas) : dans certains cas cela apporte de la confiance (avoir un grigri dans le sport), dans d’autres cela enlève du stress à une situation sur laquelle on ne peut avoir de contrôle (rituel par rapport à des cataclysmes naturels), ou contribue à une thérapie comportementale cognitive (écrire le problème, et détruire le papier) sans parler de la dimension prophétie autoréalisatrice, donner vie à une idée en y pensant.

Bref les rituels peuvent être puissants, par exemple, en tant que thérapeute on peut avoir ses rituels pour se mettre dans le bon état d’esprit avant de recevoir un patient, ne pas se laisser parasiter avec ses petits soucis et être totalement en phase avec la personne qui vient vous voir. Mais il faut savoir ne pas tomber dans le travers des rituels : la coquille vide. A force de pratiquer un rite celui-ci n’a plus de sens où autrement dit on le pratique pour le rituel et non ce qu’il représente.

Autre rituel important l’effet placebo. Il a été constaté qu’il avait les mêmes effets que les personnes ignorent qu’elles prennent un placebo ou en le sachant, certains ont d’ailleurs renommé cet effet le « care effect ». L’attention, considérer. C’est une des dimensions (seulement) de l’effet placebo.

Ou comme dirait Gérard Carton « Être attentionné dans les actes, les paroles, les pensées. Être capable de voir ce que voit l’autre, de ressentir et de comprendre ses besoins, ses attentes, parfois son désespoir, parfois ses joie »

Les réseaux sociaux n’ont pas changé nos interactions humaines, prenez le temps d’échanger avec ceux qui pourraient être seuls ou démunis en cette période. Peut-être est ce cela qu’il faudrait considérer en cette période de dissonance cognitive où l’on abreuve les personnes d’image de chaleur humaine, de partage, et où nombres de personnes se sentent seules, ou sont exclues de l’abondance, Noël est subi, comme une contrainte (de cadeaux…), une obligation (de certains sentiments…) voire un échec pour certaines personnes seules. Comprendre le sens profond des choses, notre peur viscérale de la mort, comment l’être humain s’est développé en tant qu’animal social, en s’entraidant. Savourez votre repas comme un moment de partage avec ceux que vous appréciez si vous êtes à plusieurs, prenez soin de vous et aimez vous si vous êtes tous seul, envoyez un mot à ceux qui se sentent seuls pour leur rappeler que tel n’est pas le cas, savourons la fin de la grande nuit et le retour de Sol Invictus.

Le soleil commence dans nos cœurs.

Source :
Sciences & Avenir : les origines de nos croyances
Why ritual works
PlaceboEffect
Lettre de Gérard Carton

 

 

Petites choses de la vie…

Qu’importe si l’histoire qui suit est vraie, car, heureusement il existe de telles histories véridiques tous les jours, j’espère que vous trouverez le récit inspirant :

Un taxi à New York a écrit :

Je suis arrivé à l’adresse et j’ai klaxonné. Après avoir attendu quelques minutes, je klaxonne à nouveau. Comme il s’agissait de ma dernière course de la journée, je pensais partir, mais finalement je me suis stationné et puis je me suis dirigé vers la porte et j’ai toqué.

« Juste une minute », a répondu une voix de personne âgée. Je pouvais entendre quelque chose qui traînait sur le plancher.

Après une longue pause, la porte s’ouvrit. Une petite femme de 90 ans se tenait devant moi. Elle portait une robe imprimée et un chapeau à voilette, ressemblant à un personnage de film des années 1940.

À côté d’elle il y avait une petite valise en nylon. L’appartement semblait comme si personne n’avait vécu dedans depuis des années. Tout le mobilier était recouvert de draps.

Il n’y avait pas d’horloge sur les murs, pas de bibelot ni aucun ustensile sur les comptoirs. Dans un coin il y avait une boîte en carton remplie de photos et de verrerie.

« Pourriez-vous porter mon bagage jusqu’à la voiture? » dit-elle. J’ai porté la valise jusqu’à mon véhicule, puis suis retourné aider la femme.

Elle prit mon bras et nous avons marché lentement vers le bord du trottoir.

Elle n’arrêtait pas de me remercier pour ma gentillesse. « Ce n’est rien », je lui ai dit « J’essaie simplement de traiter mes passagers de la façon dont je voudrais que ma mère soit traitée. »

« Oh, tu es un bon garçon », dit-elle. Quand nous sommes arrivés dans la voiture, elle m’a donné une adresse, puis demanda: « Pouvez-vous passer par le centre-ville? »
« Ce n’est pas le plus court chemin », répondis-je.

« Oh, cela ne me dérange pas », dit-elle. « Je ne suis pas pressé. Je me rends au centre de soins palliatifs. »

J’ai regardé dans le rétroviseur. Ses yeux scintillaient. « Je n’ai pas de famille » reprit-elle d’une voix douce. « Le docteur dit que je n’en ai plus pour très longtemps. » J’ai discrètement arrêté le compteur.

« Quelle route voudriez-vous que je prenne? » Demandai-je.

Pendant les deux heures qui ont suivi, nous avons roulé à travers la ville. Elle m’a montré le bâtiment où elle avait travaillé comme opérateur d’ascenseur.

Nous avons traversé le quartier où elle et son mari avaient vécu quand ils étaient jeunes mariés. Elle m’a fait arrêter devant d’un entrepôt de meubles qui était à l’époque une salle de bal où elle était allée danser lorsqu’elle était jeune fille.

Parfois, elle me demandait de ralentir en face d’un bâtiment particulier ou dans un coin et s’asseyait le regard perdu dans l’obscurité, sans rien dire.

Lorsque le soleil commença à rejoindre l’horizon, elle dit soudain: « Je suis fatiguée j’aimerai que nous y allions maintenant ».

Nous avons roulé en silence à l’adresse qu’elle m’avait donnée. C’était un petit édifice, comme une petite maison de convalescence, avec un portique pour rentrer dans une allée.

Deux infirmiers sont sortis et se sont dirigés vers le taxi. Ils étaient très attentionnés et surveillaient tous les mouvements de la vieille dame. Visiblement ils attendaient son arrivée.

J’ai ouvert le coffre et porté la petite valise jusqu’à la porte. La femme était déjà assise dans un fauteuil roulant.

« Combien vous dois-je? » M’a-t-elle demandé, en ouvrant son sac.
« Rien » lui dis-je
« Vous devez gagner votre vie », répondit-elle.
« Il y aura d’autres passagers, » ai-je répondu.
Presque sans y penser, je me suis penché et lui ai donné une accolade. Elle me serra fort.
« Vous avez donné un petit moment de joie à une vieille dame », dit-elle. « Je vous remercie. »

Je lui serrai la main, et me retournai. Derrière moi, une porte a claqué, c’était le bruit d’une vie qui se termine.

Je n’ai pris aucun passager le reste de ma course. J’ai conduit sans but perdu dans mes pensées.

Je n’ai pratiquement pas parlé le reste de la soirée. Que se serait-il passé si cette femme avait eu à faire à un chauffeur en colère, ou à quelqu’un d’impatient et pressé ? Et si j’avais refusé de prendre la course, ou avais klaxonné plusieurs fois, puis parti sans attendre ?

Après réflexion, je ne pense pas avoir fait quelque chose de plus important dans ma vie.

Nous sommes conditionnés à penser que nos vies tournent autour de grands moments. Mais les grands moments sont souvent des jolis petits instants auxquels nous ne prêtons pas assez attention.»

Force ?

(image et citations vues sur le mur fb de poopsie, traduction Willy)